La petite casserole d’Anatole

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Un petit livre rempli de délicatesse, d’intelligence et de drôlerie pour parler du thème de la différence et de la singularité. Déjà chroniqué ici, et … Bref un album qui fait parler de lui !!!

Anatole, tel qu’il est, est exceptionnel et Unique, casserole ou pas ! N’est-ce pas merveilleux d’être soi-même ?!

Encore la preuve que certains albums jeunesse, par leur limpidité et le talent de leurs auteurs, savent en dire plus long que certains ouvrages savants pour adultes.

Sobre et puissant! Un délice!

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La Petite Mauvaise Humeur

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“Quand Pit rencontra Pat, il eurent tout de suite envie de faire un bout de chemin ensemble.
Il s’entendaient si bien… Qu’ils devinrent inséparables ! Leur embarcation était juste assez grande pour deux. La vie était joyeuse et douce. Rien ne pouvait leur arriver ! Mais, petit à petit, le voyage devint monotone. Pit et Pat s’entendaient moins bien. C’est ainsi que s’installa entre eux une petite mauvaise humeur… Qui se mit à grossir, grossir. La mauvaise humeur devint si grosse que tout à coup l’embarcation se brisa ! Comment faire pour se retrouver ? Chacun prit le problème par un bout et se mit à défaire chaque nœud, un par un, très délicatement.
Ce n’était pas facile. Il leur fallut du temps. Mais quand Pit et Pat se retrouvèrent, ils étaient si contents, que cela fit complètement disparaître la petite mauvaise humeur ! “

L’Amitié… c’est tellement précieux!… mais… un grain de sable, un mot qui agace, une incompréhension, et c’est aussi parfois des échanges qui s’effritent, des liens qui se distendent… des émotions que l’on ne partage plus pour un temps. Que l’on ne veut plus partager. Jusqu’au jour où.  Jusqu’au jour où l’on décide que ce soit autrement!…

Qu’on soit enfant, adolescent ou adulte, l’histoire de Pit et de Pat est un peu l’histoire de la vie!… et des choses de la vie. De ces choses qui nous rendent souvent heureux, parfois fragiles, toujours vivants!

Humour et tendresse, sous les illustrations naïves et minimalistes d’Isabelle Carrier! On adore!

Un vrai coup de cœur pour cette illustratrice!… qui ne pouvait que plaire à mon âme d’ortho!

Isabelle Carrier est née en Isère en 1964. Elle est diplômée de l’Ecole des arts-décoratifs de Strasbourg.
Elle vit aujourd’hui en région grenobloise avec son compagnon, Jérôme Ruillier, également auteur-illustrateur, et leurs deux filles. Maman d’une enfant « pas comme les autres » dont La petite casserole d’Anatole (prix Sorcières 2010 du meilleur album) retrace une partie de ce parcours, elle a publié plusieurs albums, tous des succès, chez Albin-Michel, Casterman, Bilboquet et Alice.

 

Le Petit Gus

Le Petit Gus

Moi, c’est Gus. En fait, je m’appelle Gustave, tout ça parce que les vieux prénoms moches étaient à la mode le jour où je suis né. J’aurais préféré m’appeler Brad, Bob, ou même Brian, mais je suis bien obligé de me coltiner Gustave. Le prénom, c’est vraiment important, je trouve ça injuste qu’on n’ait pas le droit de choisir de s’appeler Brad alors qu’on sait que c’est précisément LE prénom qui vous va comme un gant. Je suis content de vous parler de moi. J’ai plein de trucs rigolos (enfin, plus ou moins rigolos) à vous raconter, mais ce qui m’ennuie, c’est que je vais être obligé de dire un peu de mal de mes parents et de ma famille parce que ce sera la vérité vraie. Si j’étais mytho, je vous raconterais que ma mère est grande, blonde, avec une grosse bouche gonflée, que mon père a des biceps et des tablettes de chocolat, des dents blanches et plein de cheveux ; qu’on habite dans un château avec deux piscines, quatre voitures et un chauffeur par voiture.

 

« Petit Nicolas » des temps modernes, qui fait mouche chez les primo-lecteurs!… Gus, un gamin d’aujourd’hui, se raconte, philosophe, ne ménage rien ni personne.
Claudine Desmarteau lui prête ses inquiétudes, sa drôlerie et sa foule de bons mots…

Clin d’œil tout spécial à Noah, qui a aimé Gus avant même de savoir qu’il aimait lire!…

Et, à 32 ans… qu’il est bon de regarder le monde avec des mots d’enfants!

 

NB. j’ai moins adhéré aux petits frères et sœurs de ce Roman: « le petit Gus fait sa crise », « le petit Gus en grandes vacances », que j’ai trouvés moins naïfs… et parce que je préfère de loin le charme des mots d’enfants au manque de charme du langage préado!

La cicatrice

La cicatrice

J’ai, depuis toujours, une cicatrice sur la lèvre supérieure. Les médecins disaient, sans cruauté, en triturant mon visage et en tirant sur ma lèvre comme un acheteur inspecte la gueule d’un poulain, que c’était un bon travail de « raccommodage » : J’aurais pu, j’aurais dû deviner que c’était en réalité un petit bec-de-lièvre. Mais il était tellement bien réparé qu’on parlait toujours de « cicatrice ».

Un roman inoubliable sur le thème de la différence.
Une de mes toutes premières lectures… Un de mes tout premiers risques littéraires… exit le déjà vu de la bibliothèque rose, qui s’était bien vite vu remplacer par les intrigues prêt-à-lire de la bibliothèque verte… du club des cinq, et j’en passe…
J’avais 10 ans. 10 ans et déjà, sans doute comme beaucoup d’autres enfants, ce petit quelque chose de « différent ».
22 ans plus tard, je me souviens de cette différence-là… qui de « différence » est devenue une « cicatrice » – au sens premier du terme – , que j’arbore aujourd’hui avec aplomb et fierté… Mes proches savent combien, rien que le titre, m’est chargé de souvenirs. Quels souvenirs.
Ma première leçon de vie à travers une lecture, d’aussi loin que je me souvienne… l’identification… plus forte que je ne l’aurais imaginée. Bien plus forte. Des émotions, de l’empathie… – bien que je ne sois pas certaine d’avoir alors réalisé ce qu’était un bec-de-lièvre – , des larmes.
Ce fut une exquise rencontre avec le Roman.
Une première fois comme on en connaît peu avec ce roman très spécial. Comment oublier?
Qui que vous soyez, que vous ayez des « valises » ou pas, Jeff vous touchera, vous bouleversera, c’est certain.