Le dîner

Le dîner

 

« Si je devais donner une définition du bonheur, ce serait celle-ci : le bonheur se satisfait de lui-même, il n’a pas besoin de témoin.  » Toutes les familles heureuses se ressemblent, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon« , dit la première phrase d’Anna Karénine, de Tolstoï.
Je me contenterai tout au plus d’y ajouter que les familles malheureuses – et au sein de ces familles en premier lieu les couples malheureux – n’y parviennent jamais seules.
Plus il y a de témoins, mieux cela vaut. Le malheur est toujours en quête de compagnie.
Le malheur ne peut supporter le silence – et encore moins les silences gênés qui s’installent lorsqu’il se retrouve seul.
Aussi nous sommes-nous souri, Claire et moi, dans le café quand on nous a servi nos bières, sachant que bientôt nous allions passer toute une soirée en compagnie des Lohman : nous vivions le plus beau moment de la soirée, tout n’irait par la suite que de mal en pis. »

 

 

Description de l’éditeur

Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d’une comédie de mœurs à l’humour ravageur et d’un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale. Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d’Amsterdam. Hors-d’œuvre : le maître d’hôtel s’affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l’affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d’une violence inouïe. Un café, un digestif, l’addition. Reste la question : jusqu’où irions-nous pour préserver nos enfants ?

 

Biographie de l’auteur

Herman Koch est l’auteur de plusieurs romans, mais c’est Le Dîner qui lui apporte la consécration. Elu Livre de l’année aux Pays-Bas, où il s’est vendu à près de 400 000 exemplaires, traduit dans une quinzaine de langues, salué par la critique internationale, Le Dîner est le premier roman de Herman Koch à paraître en France.

Apéritif, entrée, plat, dessert, digestif, pourboire. Un dîner, et un roman, en six temps… du petit rire franc et moqueur au rire jaune, de l’embarras au malaise, et finalement la nausée, le cœur au bord des lèvres.
Les convives: deux couples. Deux frères que tout oppose, assortis de leurs épouses.
Paul, notre narrateur. Avec ses attaques bien senties, Paul-le-déclassé nous est d’emblée sympathique; il fait mouche et n’a aucun mal à mettre le lecteur dans sa poche… C’en devient malgré tout dérangeant…  La légèreté s’estompe. Le malaise s’installe. Malaise qui ira crescendo. De sympathique Paul, notre narrateur, se révèle au fil des pages insaisissable et inquiétant.
Serge, le grand-frère belle-gueule et séducteur, politicien « arrivé », grand favori pour le mandat de premier ministre,  dépendant de rapidité et efficacité… Qui s’est pris d amour pour l’œnologie, un peu parce que cela fait bien sur sa carte de visite…. Parce qu’il s’est dit que cela ferait partie du tout! Ce grand-frère agaçant qui a toujours un avis sur le dernier Woody Allen… Et qui se moque bien que vous l’ayez vu ou non avant de vous en vanter les mérites ou même de savoir si vous l’avez aimé!

Tout commence sous les allures guillerettes d’une comédie de mœurs. L’humour caustique du narrateur passe à la moulinette les travers des grands bourgeois : hypocrisie et jeu des apparences, triomphe du politiquement correct et de la bonne conscience.

 Entre l’apéritif et le dessert la tension monte, les rivalités s’exacerbent, les personnalités se dévoilent. On glisse en pente douce d’une critique satirique de la société néerlandaises à une vision franchement nauséabonde d’un monde pétrifiant où les enfants sont rois et où la morale n’a plus sa place.
Le sujet: Découverte hasardeuse d’un père. Journal télévisé. Point de rupture. Rupture comme avant ou après la guerre. De menu de téléphone portable en vidéos favorites, de vidéos de surveillance en publications sur You tube, c’en est fait de l’illusion de bonheur de la cellule familiale. Violence. Que faire de cette « vérité »? Tête à tête père-fils douloureux. Une erreur que l’on fait « tout bêtement ». Comme, enfant, on perd son manteau… Ou comme on oublie son cartable. Du « tout bêtement » qui devient irréparable. Criminel.
Le dîner d’Herman Koch  est un Huis-clos qui flirte avec le thriller psychologique. Un texte fascinant, à la fois ambigu et dérangeant !
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