Heureux les heureux

Heureux les heureux

Quand on rencontre quelqu’un, on ne s’intéresse pas à son état civil. Ni à sa condition sentimentale. Les sentiments sont changeants et mortels. Comme toutes les choses sur terre. Les bêtes meurent. Les plantes. D’une année à l’autre, les cours d’eau ne sont pas les mêmes. Rien ne dure.

Présentation de l’éditeur
Dans le 95, qui va de la place Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m’avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l’amour, ou n’importe lequel des noms qu’on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s’est penché et il a dit, tu me reconnais ? J’ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu’autrefois je n’arrivais jamais à lui répondre avec netteté. – Tu t’appelles toujours Hélène Barnèche ? – Oui. – Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? – Oui. J’aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n’étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d’une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m’avait aspirée. Je me suis passée en revue mentalement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s’est penché encore pour dire, tu es heureuse ? J’ai dit, oui, et j’ai pensé, quel culot. Il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo.

 

Après « Conversations après un enterrement. », Malgré ce titre qui vendait a priori de la légèreté, Yasmina Reza dérange avec sa plume acérée. Corrosive. Ca coupe, ça brûle, ça désajuste. Et cela me plaît tout à fait.

C’est la vie, la vraie, débusquée, démasquée, désabusée. Vous connaissez la photo. En voici le négatif. Le vrai. Celui dont les aspérités n’ont pas été redessinées avec Photoshop. Voilà l’homme – le mâle – malmené par l’auteur. Il est très loin de l’image de l’homme-le-vrai-le-grand-le-beau-le-fort… protecteur, fier et digne. Véritable galerie de portraits, pans de vies cachés. Ces heureux qui n’ont rien de vraiment heureux.

On suivra ces personnages confortablement installés dans leur vie, un peu comme on tournerait les pages d’un album photo. Tout pour être heureux? Vous croyez? Vraiment?

Ils se croisent et s’entrecroisent au fil de ces dix-huit tableaux, comme sur des planches, si bien qu’en filigrane, se tisse l’esquisse d’un roman dont on entrevoit la trame avant que le rideau ne retombe. Un écrit-mi-roman-mi-nouvelle des illusions perdues, des vies qui dérapent. Des vies manquées. Des vies à jamais marquées par les mauvais choix ou les circonstances. Des vies.

Un peu de clairvoyance et de sincérité à l’heure du #maist’astoutpourêtreheureuse !

Théorie lucide et piquante? C’est sans compter sur le génie caustique de l’auteur qui parvient à nous soutirer des sourires face à cette mascarade qu’est la vie humaine.

Récit choral où les vies parallèles d’inconnus se font signe de loin en loin, par un jeux de miroirs. Heureux les Heureux signe le retour de Yasmina Reza à la littérature… Autant de monologues. Autant de façons de rater l’amour, de passer à coté. Autant d’exemples de l’imposture du couple: amante éconduite, couple au bord de la crise de nerf, homosexuel à la solitude déchirante, jeune fille en mal d’idéal amoureux… chacun s’y retrouvera. En vérité. Sans Blush ni mascara. Sans Instagram ni Photoshop. De la lumière, sans flash. Juste de la lumière.

 

LeFigaro , le 10 janvier 2013
Yasmina Reza orchestre avec beaucoup d’agilité ce papillotement de clichés anthropologiques. On aimerait parfois qu’une passion, qu’une vraie folie, qu’une déflagration plus radicale transcendent ce vaudeville existentiel. Yasmina Reza, c’est Beckett en bigoudis.

LeMonde , le 06 janvier 2013
Parce qu’il l’expérimente mieux qu’aucun autre, avec un tact immense et une sensibilité bouleversante, Heureux les heureux est son plus beau texte. Son grand roman de la consternation humaine.

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La Mécanique du coeur

La Mécanique du coeur

« Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. car alors pour toujours à l’horloge de ton cœur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique du cœur sera brisée de nouveau. »

Présentation de l’éditeur
Édimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l’accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d’éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d’état amoureux. Mais le regard de braise d’une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve : prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu’aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l’amour comme sa cruauté.

Conte désuéto-moderne mâtiné de western-spaghetti, La Mécanique du Cœur vibre d’une rugueuse force poétique où l’humour est toujours présent.
Mathias Malzieu soumet aux grands enfants que nous sommes une réflexion très personnelle sur la passion amoureuse et le rejet de la différence, donnant naissance à un petit frère de Pinocchio qui aurait fait un tour chez les Freaks de Todd Browning.

Biographie de l’auteur
Auteur, compositeur et interprète, Mathias Malzieu est le chanteur survolté de l’un des meilleurs groupes de rock français : Dionysos. Il est également l’auteur d’un recueil de nouvelles et d’un bouleversant premier roman, « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi »… sur lequel je vais évidemment me précipiter. Evidemment.

Il doit rester quelques rêves d’enfant cachés sous mon oreiller, je tenterais de ne pas les écraser avec ma tête lourde de soucis d’adulte.

« La Mécanique du cœur« … Quel beau titre!…

 

On s’y laisse mener, comme dans une danse,  par l’incroyable musicalité du texte qui déroule avec fluidité un conte d’une beauté quasi irréelle. Un peu comme on tombe amoureux… Simplicité, naturel, pureté, parfum de bohème… Mathias Malzieu nous replonge dans une sorte d’insouciance. Son écriture est d’une rare beauté: ésotérique, fantastique, innocente, envoutante, douce, rêveuse… Qui d’entre nous n’a jamais ressenti la mécanique de son cœur s’emballer, puis ralentir, presque jusqu’à s’arrêter, rouiller un temps, se tordre à nouveau… pour repartir de plus belle, avant la prochaine oxydation du pédalier à aimer?… Qu’il lève la main… Qu’il se présente!… Qu’il se dénonce!…

La solution à ces déboires « mécaniques »?… Un horloger (joli clin d’œil à mon rapport à la temporalité!…)? De jolis mots?…

Ce qui fait tout le charme de La Mécanique du Coeur, c’est bel et bien le style poétique et décalé de l’auteur qui oscille entre magie et amertume, humour et tristesse. Ce court roman prend des allures de fable, de conte initiatique, à la fois cruel et onirique. Mathias Malzieu nous entraîne sur le fil de la douleur. On oscille entre merveilleux et violence, savourant la beauté des mots et des métaphores, un peu à la Boris Vian. Une ode à l’amour et à la différence. En tout cas, moi, cette élégie magique m’a émotionnée.

Une fois cette petite merveille de conte refermée, les mots de Mathias Malzieu résonnent encore… en images…  et avec eux, ses rêves, sa folie et son trait de génie. A se demander où il est allé chercher tous ces mots, qui sonnent si justes – Et Dieu sait si les mots justes me touchent! – . Magie à l’horizon!

Juste avant le bonheur

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Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ?
Agnès Ledig, auteur de Marie d’en haut, Coup de cœur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle, possède un talent singulier : celui de mêler aux épisodes les plus dramatiques de l’existence optimisme, humour et tendresse. Dans ce roman où l’émotion est présente à chaque page, elle nous fait passer avec une énergie communicative des larmes au rire, elle nous réconcilie avec la vie.
Juste avant le bonheur fait partie de ces (trop) rares livres qu’on a envie de rouvrir à peine refermés, tout simplement parce qu’ils font du bien !

Lire un extrait

« Ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle ». Proverbe arabe.

 

On a tous connu un de ces moments où rien ne va. Où rien ne va plus. Certains vous parleront de mauvais karma ou de série noire, d’autres vous avanceront la loi de Murphy. D’autres encore se réfugieront spontanément dans une bulle d’incertitude, un peu floue, un peu machinale… Occupant à tout-va leur espace et leur temps.
Ce sont ces jours où l’on se dit « à quoi bon? ». Il nous arrive de désespérer, d’avoir envie d’abandonner, de lâcher prise, de couper le dernier fil d’espoir, de baisser les bras. « Juste avant le bonheur« , c’est un de ces moments là, sous la plume d’Agnès Ledig. C’est aussi une douche de vie. C’est aussi le goût de la renaissance. C’est là où la solitude est malmenée. C’est là où il y a du lien. C’est là où il reste un espoir. Des ressources. Un espace de foi dans la vie. C’est ce moment tout particulier, où un sourire, une rencontre, viennent éclairer une journée, alors qu’elle avait commencé sous un ciel couvert.

La métaphore de celui qui veut aider un ami, tombé dans un trou, est très parlante. Cet ami a besoin d’une main. Il n’a pas besoin que nous le rejoignons au fond dudit trou… L’art de rester juste au bord du trou… de se pencher juste ce qu’il faut pour tendre la main tant attendue… Attention! Pas trop!… le trou est profond!… Pas trop, mais juste assez… comme sur un fil…

C’est sur ce fil-là qu’Agnès Ledig conjugue joies et craintes dans un frisson acidulé et délicieux. « Juste avant le bonheur » offre l’inattendu et la douceur, dans un jeu de contrastes, de mots choisis. Ni trop lourds. Ni trop légers. Agnès Ledig reste sur ce fil, sans sombrer dans le pathos. Piquant. Pénétrant. Inspirant.

Un livre qui va bien pour habiller la fraîcheur de ce mois de septembre!

Revue de presse

Le deuxième roman d’Agnès Ledig fait partie de ces livres qui parlent au coeur et dont on raffole. –Pleine Vie

Biographie de l’auteur

Sage-femme dans la région de Strasbourg, Agnès Ledig, 40 ans, découvre son don pour l’écriture en tenant son journal pendant la maladie de son fils, atteint de leucémie. En 2011, elle publie un premier roman, Marie d’en haut, aux Nouveaux Auteurs, repris par Pocket.

 

La danse du couple

La danse du couple

 

Bon. Soyons vrais. Parlons juste.

Cette lecture est un conseil de ma psy. Un bon conseil! Peut-être le meilleur (le seul?) qu’elle m’ait donné! Nous voilà loin de la chick-lit, du roman épistolaire, ou du grand classique. Alexandre Dumas laisse tomber ses capes et ses épées, Shakespeare laisse tomber son rideau.

Vous avez sans doute entendu parler du best-seller « les hommes viennent de mars, les femmes viennent de Vénus » (John Gray)? Vous l’avez même peut-être lu? Les hommes et les femmes ne parlent pas la même langue ! D’où les frustrations, les malentendus, les déchirements… Mars, dieu de la Guerre, Vénus, déesse de l’Amour… bla, bla, bla…

Le couple?… un cadeau et un mystère à la fois. Un risque aussi. Soyons honnêtes, il ne s’agit pas de ma matière d’excellence!…

Serge Hefez déshabille ici nos névroses dans le couple…. (Si vous êtes parfaitement clairs, et que vous n’êtes pas en train de nourrir vos insatiables et exigeants petits arrangements avec vous-même, vous m’avez compris!)

Il faut être deux pour danser le tango, deux pour faire l’amour, deux pour s’engager, deux pour donner la vie… Facile d’imaginer que 1+1=2? non? Et bien détrompez-vous, et revoyez à la hausse vos certitudes mathématiques… Vous serez surpris d’apprendre qu’ici 1+1=3!
Une douche de bon sens!

 

Quatrième de couverture

Le couple est une danse. Les amants évoluent ensemble et le tempo qui berce leur mouvement est scandé de crises et, souvent, d’insatisfactions. Aujourd’hui, on attend tout, parfois trop, du couple. Pourtant, la vie à deux n’est pas un conte de fées, l’amour ne suffit pas à garantir le bonheur ni l’épanouissement que l’on recherche.
Un pacte inconscient, des règles implicites, des mythes familiaux et des fantômes scellent les partenaires à leur insu. Les remises en question sont inévitables. Mais c’est à ce prix que le couple évolue : il se nourrit de ses propres crises.

À travers des histoires de couples au bord de la rupture venus le consulter, Serge Hefez, thérapeute conjugal et familial, raconte et explique ce pas de deux qui confronte, entrechoque et fait valser un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes, avec ou sans enfants. Il dévoile les coulisses et les enjeux de la vie à deux.

Ce livre est un plaidoyer pour le couple. Ni moralisateur, ni attaché à la tradition, il montre comment, lorsque deux personnes prennent le risque de transformer une relation, cette relation possède à son tour le pouvoir de les transformer.

 

Biographie de l’auteur
Serge Hefez est psychiatre, responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il est l’auteur de Quand la famille s’emmêle (Hachette Littératures, 2004). Danièle Laufer est journaliste. Elle est l’auteur notamment de 50 ans ? Vous ne les faites pas (Hachette Littératures, 2007).

Rentrée littéraire

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Météo du jour : grand soleil sur Marie Darieussecq, pluie torentielle sur Marc Levy, petites éclaircies chez Nothomb. Ça, c’est la rentrée littéraire vue par Book Weather, l’appli qui fait la météo des livres. Plus les degrés montent, plus vous pouvez y aller les yeux fermés. Un peu comme vos spots de cet été.

Le garçon incassable

Le garçon incassable

« Tes yeux ne pleurent jamais. la tristesse semble ricocher sur toi. Je sais qu’elle entre pourtant, filtrée par ta vision du monde. Alors, dans quel recoin de toi-même l’enfermes-tu ? « 

Le garçon incassable, c’est la confrontation de deux histoires de vie: d’un côté, le cinéaste, de l’autre, Henri. Buster Keaton: cinéaste de génie et acteur en mousse capable des plus terrifiantes cascades, de l’autre. Henri: « frère » recomposé de la narratrice, handicapé de corps mais heureux de mordre la vie. Deux vies… lesquelles ne se mêlent jamais, en fait. Elles se regardent. Les points qui les relient sont des fils invisibles que l’on perçoit.
Deux enfances marquées par des expériences physiques très brutales, deux solitudes inguérissables, deux formes singulières d’insoumission. Et deux passions pour les trains.
Deux vies qui avancent dans le fracas du monde. Deux vies qui s’inventent des histoires pour mieux résister à une époque qui ne veut pas forcément d’eux. C’est un beau roman, au style simple et proche du coeur, qui dit la façon dont chacun grandit dans le regard des autres, comme au cinéma.

Les émotions sautent à la gorge discrètement et se déploient, le tout avec une écriture sans fioritures où chaque mot est pesé. On ressent cette constance à ne pas ne dire de trop, à laisser une place au lecteur. Ça grince et ça gêne. Un récit subtil, puissant et émouvant qui ne laisse pas indemne !

C’est une fille inclassable qui a écrit Le Garçon incassable. Florence Seyvos a de solides bagages pleins de trésors, et fait son chemin mine de rien, depuis une vingtaine d’années…
Une discrète narratrice se cache entre les pages du livre, comme entre deux portes.

Texte modeste et gracieux, superbement obstiné. (Raphaëlle Leyris – Le Monde du 9 mai 2013)

Biographie de l’auteur
Florence Seyvos est née en 1967 à Lyon. Elle a passé son enfance dans les Ardennes et vit à présent à Paris. Ecrivain, scénariste, Florence Seyvos est notamment l’auteur de Les Apparitions (L’Olivier, 1995), qui lui a valu le Goncourt du premier roman et le prix France Télévisions.

Deux portraits qui se font écho, portés par une écriture sensible et sans pathos. Un roman qu’il faut prendre le temps de laisser infuser, pour mieux s’en imprégner.

Un homme à distance

Un homme à distance

« La lecture n’est pas une activité innocente. On n’en ressort pas toujours indemne. »

Résumé
Une libraire, un client. Des goûts littéraires partagés. A distance l’un de l’autre, lettre après lettre, leur relation épistolaire prend peu à peu un ton moins professionnel, moins formel et moins aseptisé, pour lui préférer celui, plus vif, de la passion. Ils se découvrent, se jaugent, se livrent, s’envoient l’un l’autre leurs plus belles lectures : Maupassant, Jean Lorrain, Flaubert, Barbey d’Aurevilly, Roger Martin du Gard, etc… et se disent à travers leurs auteurs préférés.

 

 

Un homme à distance est donc un roman épistolaire, autant dire que j’adore ce genre et mon Dieu, quel livre ! Court, riche, intense. Rires, sourires, nostalgie, impuissance, désillusions, incompréhensions, émotions, ressentis, intuitions…

Kay, tellement attachante, sincère et fragile. Femme à la fois forte et pleine de sensibilité. 32 ans… Plane dès les premières pages comme un soupçon d’identification…
– Hasard ou coïncidence, je me fais la réflexion que mes dernières lectures mettent presque toutes en scène des femmes de 32 ans…Viendrais-je chercher des réponses à la vie dans mes lectures? Suis-je simplement en verve de partage d’expériences?… Le temps presse alors! Le hasard m’interdira peut-être ces rencontres-là avec des femmes de mon âge à l’aube du prochain 13 septembre? –

Revenons à notre correspondance:
Jonathan, client américain, charmant, taquin, cultivé… Il ne peut que nous séduire… Bien entendu, nous l’apprendrons dans quelques pages d’une infinie beauté, recelant d’un mystérieux sourire enjôleur. Ce serait oublier qu’on peut être tant de personnes à la fois…
Plusieurs mois. Une correspondance riche de références littéraires… Des livres complices, muets, farfadets, malicieux… Je mesure alors l’étendue de mon inculture… Et me sens toute petite… 32 ans, non-initiée, profane, béotienne!… Un livre qui parle de livres, intéressant, intriguant, et très agréable…
Me voilà presque pousser la porte des Palmiers Sauvages, cette librairie vert amande de Fécamp, qui fait face à la mer… Découvrir ses murs hauts et blancs, animés de ce grand palmier qui en occupe le centre au rez-de-chaussée… Imaginer le salon de thé du premier étage, et feuilleter mon futur coup de foudre littéraire.

Au fil des lettres et du temps, le ton de chacun devient plus doux, plus ambigu, plus tendre.

Et la fin ! Quelle chute, quelle surprise ! Nous sommes cependant bien loin de tout happy end télescopé… C’est presque avec un goût amer – celui, salé des regrets – que l’on tournera la dernière page…

Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es et comment tu aimes…tout un programme pour ce livre qui donne envie à chaque page d’en découvrir d’autres tant il est truffé de références littéraires…
Et les échanges épistolaires donnent envie de reprendre la plume et de rencontrer cet autre « amoureux » des livres qui saura nous faire partager ses coups de coeur, sa passion, sa culture…nous faire rêver.

Une très jolie lecture.