Jamais sans ma fille

Jamais sans ma fille

3 Août 1984. Un pressentiment. Dans l’avion qui l’emmène à Téhéran avec son mari, d’origine iranienne, et sa fille, pour quinze jours de vacances, Betty a le sentiment d’avoir commis une erreur irréparable…Deux semaines de vacances qui virent au cauchemar. Le verdict tombe : « Tu ne quitteras jamais l’Iran ! Tu y resteras jusqu’à ta mort. » Des promesses qui volent en éclat: passeports confisqués, fanatisme religieux ambiant, Séquestration, humiliations, violences physiques, chantage et mensonges. Deux semaines qui durent deux ans. Deux victimes: Betty et sa fille. Betty n’a désormais qu’un objectif : rentrer chez elle, aux États-Unis, avec sa fille. Quitter ce pays déchiré par la guerre, ce monde incohérent où la femme n’existe pas. Sa survie: la fuite au cœur d’un conflit irano-irakien qui fait rage.

« Jamais sans ma fille », c’est là où l’histoire familiale peut se confondre avec l’histoire politique. Une histoire d’une force incroyable.
Véritable éclairage sur la société iranienne c’est aussi un témoignage édifiant en faveur des droits de la femme.
Un livre bouleversant et écoeurant, dont on ne sort pas indemne. Une histoire de courage, de volonté, d’amour entre une mère et sa fille. Un témoignage poignant.

 » Absolument ! Je l’ai traité de menteur. Et tu en es un aussi. Tous les deux vous passez votre temps à raconter des histoires…

Mon éclat de colère est coupé net par le terrible coup de poing de Moody. Il m’a touchée en plein visage du côté droit. Je reste un moment sans réaction, trop sonnée pour ressentir la douleur. J’entrevois Mammal et Nasserine qui entrent dans la pièce, curieux de l’incident. J’entends les hurlements terrifiés de ma fille. Et les malédictions enragées de Moody. Et puis la pièce se met à tourner devant mes yeux. Je trébuche jusqu’à la chambre à coucher, le seul refuge, dans l’idée de m’y enfermer jusqu’à ce que la colère de Moody se calme. Mathob me suit en pleurant. J’atteins la chambre, la petite sur mes talons, mais Moody est déjà derrière moi. Ma fille essaie de se glisser entre nous pour nous séparer, il la repousse si violemment qu’elle va valdinguer contre le mur, en hurlant de douleur. Et comme je tente de me précipiter vers elle, Moody me flanque sur le lit d’une bourrade.

Je me mets à crier : « Au secours, Mammal, aide-moi ! » La main droite de Moody attrape mes cheveux et de l’autre il me martèle le visage, Mathob court à nouveau à mon secours, et à nouveau, il l’envoie valdinguer. J’essaie de m’accrocher à lui, mais il est trop fort pour moi. Il me gifle à pleine main, fou de rage :

– Je vais te tuer… Je vais te tuer !

Je lui donne un coup de pied, j’arrive à me dégager un peu de son emprise pour ramper plus loin. Mais il s’acharne sur mon dos à coups de pied vicieux. Une douleur fulgurante me paralyse la colonne vertébrale. […] D’un poing, il me frappe sans discontinuer, de l’autre main il me tire par les cheveux. Une gifle après l’autre, et les injures pleuvent. Il ne cesse de répéter « Je vais te tuer ! Je vais te tuer ! » J’ai beau appeler au secours, ni Mammal ni sa femme n’interviennent. Pas plus que Reza ou Essey, qui m’entendent forcément à l’étage au-dessous.

Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Il frappe. Je suis tombée dans une inconscience proche de la mort qu’il me souhaitait. »

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