Les Vieilles

Les Vieilles

Présentation de l’éditeur
Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect. Leurs maris ont tous disparu. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu’elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore, dans ce pays où il n’est plus rare de devenir centenaire. Alors elles passent leur temps chez le coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s’offusquer de l’évolution des mœurs… Elles savent que le monde bouge, et qu’elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge? Aussi, l’arrivée de Nicole, une ‘jeunesse’ qui entame tout juste sa retraite, et l’annonce d’une catastrophe imminente, vont perturber leur quotidien.
Ce nouveau roman de Pascale Gautier est irrésistible par sa fraîcheur, sa volonté de prendre avec humour le contre-pied de certaines idées reçues sur la vieillesse. On y retrouve avec délectation la causticité et la liberté de ton qui caractérisent ses précédents textes.

Prix Renaudot Poche 2012.

Ça démarre fort: «La télé est à fond. L’immeuble entier en profite.» Qui est le responsable de cette discourtoisie? «C’est Mme Rousse qui est sourde comme un pot. Elle est gentille à part ça, Mme Rousse. Elle est vieille depuis si longtemps ! » Ce sont les premières lignes de ce roman signé Pascale Gautier coiffé d’un titre aussi simple qu’efficace: Les Vieilles, et dédicacé  à ma vieille». On l’aura compris : ce livre parle des vieilles. Il y a une singularité, tout de même : le village entier n’est composé que de… vieilles, des veuves pour l’essentiel, dont la plus jeune doit avoisiner les 70 années. Ce village ensoleillé toute l’année se nomme Trou. Jusqu’ici tout va bien: on vit comme on peut en se retournant vers le passé. Mais l’arrivée d’une jeune… vieille, c’est-à-dire de Nicole, une femme qui vient de prendre sa retraite, chamboule le déroulement tranquille du village, sorte de métaphore d’une maison de retraite. Sans compter un autre événement qui inquiète Mme Rousse: «Depuis que l’astéroïde est en route pour nous écrabouiller, une durite a pété dans son cerveau.»

Les vieilles… Les ronchonnes, les acariâtres, les rigolotes, les dépressives. Bref, tout y passe. Des courses à la drague en passant par la peur de la solitude au repas dominical forcé, Pascale Gautier dépeint la vie des personnes âgées avec cynisme. Dit comme ça, ça donne envie, hein ! En plus, Renaudot poche, quoi !

 

 

Cette fois-ci… destination Lyon. Automne 2003. Un stage. Une maison de retraite. Première vraie rencontre avec la Vieillesse. Trash. Dur. Bouleversant. Une expérience de vie que je souhaiterais à chacun.

Riches de leur vie passée, heureux de leur vie d’aujourd’hui où leurs souvenirs et leur présent se conjuguent harmonieusement. Leur vie, parfois calme, parfois cahotante, succession de heurs et de malheurs, les a peu à peu conduit à un présent plus serein. Les Vieux! Il existe bon nombre de “vieux” heureux qui passent des heures dans les allées de leur jardin…Ils sont fiers de rassembler leurs souvenirs, leurs photos, témoignages impérissables du temps qui passe.  J’ai rencontré des “vieux” heureux de jouer dans leur famille un rôle grand-parental et arrière-grand-parental… J’ai aussi rencontré des “vieux” rapetissés, racornis, concentrés dans un espace réduit, “du lit au fauteuil et du fauteuil au lit”, comme dans la chanson de Jacques Brel. Certains ne vivent rien d’autre que leur passivité, lassés de tout, et d’autres, effrayés de vivre, pleurent au téléphone, l’histoire des souffrances qu’ils endurent, parfois imaginaires, mais toujours douloureuses.

Nous voilà 9 ans plus tard. « Les Vieilles », c’est déjà plus précis. C’est au féminin. Plus proche de ce que je deviendrai, un jour. Au pluriel, aussi. Plus proche de ces figures féminines qui m’ont tant fait grandir. Féminin pluriel, donc.  – Bah oui. On y passera toutes, Mesdames. Pour l’instant, nous rivalisons dès 25 ans, de sérums et élixirs des laboratoires les plus en avance sur leur temps… crèmes anti-rides, soins perfecteurs de peaux… contour des yeux, éclat du teint, effet lifting garanti… Mensonges! – Bonne-Maman! Evidemment, c’est à toi que je pense. Bien sûr, « vieille », c’est tout de suite un mot qui me dérange, quand il parle de toi!… Tu me parles avec tellement d’entrain de tes amies « TAMALOU »… (t’as mal où?), qui, elles, ressemblent sans doute un peu aux vieilles de Pascale Gautier. Le fauteuil? le lit? Non! évidemment, ça n’est pas pour toi! Ton sac de golf te préserve des dérives de la vieillesse, hein? promis? Brillamment grand-mère, Merveilleusement arrière-grand-mère… Aucun besoin d’élixir ni de sérum d’aucune sorte!… Femme de caractère tu es, femme de caractère tu resteras!…

Un titre qui nous inscrit d’emblée dans une temporalité à laquelle personne n’échappe, ni au féminin, ni au masculin, ni au singulier, ni au pluriel. C’est écrit. Il y a eu un avant, il y a un maintenant, il y aura un après. Le tout est de conjuguer avec humour… sans se perdre dans du « plus que parfait »…

Sauf que « Les vieilles » nous sert finalement un plat acide de vieilles dames, confites ou pas cuites, cyniques, revanchardes, haineuses ou aigries… Un vrai chaudron de sorcières ! On salive à la lecture de la 4ème de couverture, promesse d’originalité et d’humour… Pascale Gautier écrit, toujours avec ce ton singulier (Trois grains de beauté avait d’ailleurs reçu le Grand Prix de la Société des gens de lettres)… Bienvenue sur la planète de l’humour grinçant… On passe d’une vieille à l’autre, chacune son histoire, chacune son désespoir. Petite déception, pour ma part, car le titre pouvait en effet laisser imaginer quelque chose d’amusant et léger, mais l’auteur nous plonge dans une atmosphère lourde, oppressante, bien loin du détachement annoncé… Des descriptions stéréotypées sur un ton caustique de petites mamies qui pourraient être les nôtres… on en ressort pas tout à fait à l’aise avec sa jeunesse… Comprendre les vieilles, les aimer avec leurs défauts, mais aussi leur humanité. C’est drôle, c’est aussi très triste, c’est la vie.

Lacan et la Boîte de Mouchoirs

Lacan et la Boîte de Mouchoirs

Envie d’essayer la psychanalyse, mais vous n’avez pas encore franchi le pas ? Curieuse ou curieux de savoir ce qu’il se passe derrière la porte d’un cabinet de psy quand vous n’y êtes pas ? Voici l’occasion !

Vous n’avez pas besoin d’avoir fait une psychanalyse pour lire cette nouvelle…! Si vous n’en avez jamais fait, voilà votre chance de vous glisser au cœur d’une séance telle une petite souris.

Le silence en présence d’un étranger oppresse. Etre dans le devoir, l’obligation de parler, crée un tsunami mental. Les mots émergent, rigides, incapables de se déplacer de mon aire de Broca jusqu’à mon cortex moteur et me plombent la gorge. Ils s’entassent comme des cartes distribuées dont on ne connaît pas encore la valeur de jeu.

[…] J’aperçois la boîte, ou bien est-ce ma main qui la première en tire deux mouchoirs? Coup sur coup. Eponger les yeux, vider le nez. Effacer les traces d’une émotion que l’on n’aime pas. on préfère rire. Seule, pas forcément, mais en société on préfère toujours rire. Deux personnes c’est déjà une société.

Une patiente un brin analyste, un analyste un brin atypique, et une boîte de mouchoirs désespérément vide. Un pur plaisir de lecture. La nouvelle tient ses promesses: on entre dans l’intimité de la séance de psy, sans pour autant se sentir vraiment voyeur – ça pourrait être moi, ça pourrait être vous… Au passage on découvre un univers, au détours d’une véritable mise en orbite  lacanienne. Allons-nous faire d’autres découvertes? Passer de Paris à New-York? Ou errer dans la vie de la narratrice? Le lecteur est ferré…

Épisode pilote d’une série prometteuse ! Encourager les larmes ou les retenir semble, dans de tels contextes, si facile, qu’un bout de tissu, quand bien même simple épaisseur, peut s’imposer comme un partenaire tantôt diabolique, tantôt emphatique.

Une série psy, so Frenchie. 1 séance le 7 de chaque mois.

 

Sur son blog, l’auteur explique la genèse de cette œuvre à venir. « À Paris, je rencontre peu de gens qui ont fait ou font une psychanalyse ou suivent toute forme de thérapie analytique. Si je compare avec New York, je pourrais dire que dans cette ville, je ne connais pas une seule personne qui n’ait pas son psychanalyste attitré. Pourtant, il y a des curieuses et des curieux, qui aimeraient savoir ce qu’il se passe derrière la porte d’un cabinet de psy, sans pour autant avoir envie d’entamer une psychanalyse. Alors voilà, j’ai inventé les personnages de Judith et d’Hervé Mangin, psychanalyste formé à l’école de Lacan, pour vous introduire avec discrétion dans l’intimité d’une séance. »

Après de nombreuses années vécues à New York, Chris Simon s’est installée en France où elle investit la scène littéraire 100% numérique. Elle a publié deux recueils de nouvelles, dont certaines peuvent être associées au genre fantastique, sur la boutique Kindle d’Amazon : La couleur de l’œil de Dieu (2011) et Le baiser de la mouche (2012). En 2012 également, elle a fait paraître un roman chez Publie.net, Ma mère est une fiction.

La liste de mes envies

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On se ment toujours.
Je sais bien, par exemple, que je ne suis pas jolie. Je n’ai pas des yeux bleus dans lesquels les hommes se contemplent ; dans lesquels ils ont envie de se noyer pour qu’on plonge les sauver. Je n’ai pas la taille mannequin ; je suis du genre pulpeuse, enrobée même. Du genre qui occupe une place et demie. J’ai un corps dont les bras d’un homme de taille moyenne ne peuvent pas tout à fait faire le tour. Je n’ai pas la grâce de celles à qui l’on murmure de longues phrases, avec des soupirs en guise de ponctuation ; non.
J’appelle plutôt la phrase courte. La formule brutale. L’os du désir, sans la couenne ; sans le gras confortable. Je sais tout ça.
Et pourtant, lorsque Jo n’est pas encore rentré, il m’arrive de monter dans notre chambre et de me planter devant le miroir de notre armoire-penderie – il faut que je lui rappelle
de la fixer au mur avant qu’un de ces jours, elle ne m’écrabouille pendant ma contemplation.
Je ferme alors les yeux et je me déshabille doucement, comme personne ne m’a jamais déshabillée. J’ai chaque fois un peu froid ; je frissonne. Quand je suis tout à fait nue, j’attends un peu avant d’ouvrir les yeux. Je savoure. Je vagabonde. Je rêve. Je revois les corps émouvants alanguis dans les livres de peinture qui traînaient chez nous ; plus tard, les corps plus crus des magazines.
Puis je relève doucement mes paupières, comme au ralenti.
Je regarde mon corps, mes yeux noirs, mes seins petits, ma bouée de chair, ma forêt de poils sombres et je me trouve belle et je vous jure qu’à cet instant, je suis belle, très belle même.

Revue de presse

La Liste de mes envies, roman phénomène de Grégoire Delacourt (51 ans)… Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais son deuxième opus caracole en tête des meilleures ventes, avec près de 10 000 exemplaires en quinze jours… Grégoire Delacourt a produit un joli cocktail d’Ah ! si j’étais riche et de Bienvenue chez les Ch’tis, avec une pincée de Belle du seigneur. Citant à loisir Sauver l’amour, de Daniel Balavoine (« Qui pourra remplacer le besoin par l’envie ? »), l’auteur se défend de tout opportunisme. « J’avais simplement envie de rendre hommage à ces métiers du textile qui ont bercé mon enfance. » La Liste de mes envies possède un charme naturel et une évidente efficacité.
Avant même sa sortie, le 1er février, on réclamait le livre en Corée, au Japon, en Europe, et même aux États-Unis et en Chine : rarissime pour un roman français. Sans compter qu’on la verra bientôt sur grand écran, mais, chut ! pour l’instant, c’est confidentiel. Pourtant, s’il s’agit d’un phénomène éditorial, La liste de mes envies est avant tout un bijou littéraire…. On se sent incroyablement bien dans ce conte du renoncement, au chaud et en terre connue. Sans doute la grâce de l’écriture de Grégoire Delacourt, qui sait dire le « je » d’une femme avec une délicatesse émouvante, la vérité des êtres réconciliés et l’étrange douleur de la tendresse humaine. (Karine Papillaud – Le Point du 23 février 2012)
Grégoire Delacourt s’est toujours joué des mots. On lui doit plusieurs slogans publicitaires, de ceux qui se gravent de manière indélébile dans cette «part de cerveau disponible». La «réclame» (c’est le terme qu’il emploie), même si elle se nourrit de mots, ne mène pas systématiquement à la littérature. Grégoire Delacourt a pris son temps… «Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance dépenser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça.» Mais le hasard va réduire à néant l’équilibre qu’elle avait si patiemment construit. Cette fois, elle n’aura d’autre choix que de décider elle-même de sa vie, mais à quel prix ? Grégoire Delacourt applique à la littérature ce qui a fait son succès dans le monde de la publicité : trouver les mots justes pour provoquer le désir. (Véronique Cassarin-Grand – Le Nouvel Observateur du 1er mars 2012)

 

Les petits bonheurs du quotidien… un succès littéraire… Je n’y résiste pas !

« Moi, les mots, j’aime bien. J’aime bien les phrases longues, les soupirs qui s’éternisent. J’aime bien quand les mots cachent parfois ce qu’ils disent ; ou le disent d’une manière nouvelle. »

Quand le quotidien est à ce point mis en valeur à travers les choses de la vie, quelles qu’elles soient, l’on peut penser que le mot « auteur » et « talent » se sont trouvés dans une narration pleine de nuances; la palette de toutes les couleurs du quotidien d’une vie ordinaire, mais toujours si singulière.
Un livre sur le bonheur, mais son corollaire est le mensonge, la trahison et la peur de la perte. Le mensonge de cette femme est le produit de sa très grande lucidité, elle essaie de ne plus se mentir à elle-même. Les petits arrangements avec soi-même relèvent-ils du mensonge ? Je ne crois pas. Ici, le mensonge devient une élégance avec soi-même,… et mensonge ne vaut pas trahison !
Le loto comme métaphore du possible, j’adore ! L’idée de gagner du possible !!! j’adoooore !  Amusant comme le choix de mes récentes lectures vient parler de lui-même ! Me voilà saisie par cet écho qui résonne, résonne, résonne !
Après avoir reçu le Prix Marcel Pagnol pour son premier roman « L’écrivain de la famille », Grégoire Delacourt, né en 1960 à Valenciennes, surdoué de la publicité, publie « La liste de mes envies » (JC Lattès). Avant même sa sortie, les droits de traduction ont déjà été vendus à 30 pays.  Grégoire Delacourt est un auteur de la trempe des Anna Gavalda, David Foenkinos. Il sait raconter les choses avec grâce, simplicité, légèreté et humour, même quand ce sont des tragédies. Avec en plus le sens de la formule qui fait mouche.
La liste de mes envies [Prix des lecteurs de L’Express], un véritable moment de fraicheur, de légèreté, d’humour quelquefois grinçant. Agréable et dynamisant comme les premiers rayons de soleil du printemps.
Merci, Grégoire Delacourt, pour ce très beau moment de lecture.

Les gens heureux lisent et boivent du café

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« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.

Et depuis un an je me répétais tous les jours que j’aurais préféré mourir avec eux. Mais mon cœur battait obstinément. Et me maintenait en vie. Pour mon plus grand malheur.»

Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel. C’est là qu’elle choisira la vie.

D’où cette envie de lire Les Gens m’est-elle venue?

D’abord, un titre énigmatique – qui me parle tellement!-… Avant même les premières lignes, je voyage déjà… un voyage très différent du voyage que nous proposera l’auteur, mais un voyage qui me plaît… celui du bonheur dans des toutes petites choses du quotidien… un passeport pour ce bonheur-là, c’est le travail d’une vie, non?… Décollage imminent… me voilà en juillet 2009. Une rencontre pas comme les autres. Romy, 8 ans. Des yeux d’une profondeur dont vous rêveriez. Un sourire malicieux. Victorieuse, Romy m’annonce qu’elle vient de parler de ses petits plaisirs, à l’occasion d ‘une interview de son amie, Clara Plume. Clara Plume? je ne connais pas. Romy insiste. L’homme texto! Ah, oui!…   « Et toi, Flore, c’est quoi tes p’tits plaisirs à toi? » – Euh…  (Bonne question, hein?) – Mes petits plaisirs ? lire, boire du café, et être heureuse,… voilà la réponse que j’ai faite ce jour-là à Romy! C’est dire si ce livre et moi étions faits pour nous entendre!

 Les p’tits plaisirs, Toutes ces p’tites choses sans importance,
Remplissent nos vie leur donnent un sens
C’est pas l’argent ni l’apparence (faudrait l’saisir)
C’qui fait le bonheur c’est les p’tits plaisirs

Clara Plume

Ensuite, une très jolie photo de couverture, mystérieuse et accrocheuse. Qui me rappelle vaguement celle de « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan, que j’ai refermé il y a à peine quelques semaines. Ce profil féminin. Cette cigarette. Ce noir et Blanc. Sobre et élégant. J’aime. J’apprendrai plus tard que Agnès Martin-Lugand a imposé cette couverture à son éditeur. Je me dirai alors qu’elle a bien fait. vraiment bien fait.

En prime, « un succès fulgurant sur toutes les e-librairies » – Nous voilà au top du 2.0. Mon histoire d’amour avec mon Kindle est, je crois de notoriété publique… je n’en rajoute pas, vous avez compris. L’e-succès est l’argument!

Cette histoire commence au cœur d’un drame: des rires, un père, une fille, une voiture, un camion, le choc. L’hôpital, la mort – la mort concrète, la mort froide – , la descente aux enfers.  Ce choc, aussi brutal qu’inattendu, va complètement briser la vie de Diane, qui va rester seule, face à la vie, en essayant de combattre intérieurement le remords et la tristesse qui l’assaillent chaque jour.

Que d’émotions! Est-ce parce qu’elle a pile poil 32 ans – exactement mon âge! – que Diane m’est immédiatement sympathique? Est-ce parce qu’elle est au pied du mur, et doit choisir entre la folie et l’exil? Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique tantôt drôle de cette femme à qui la vie a tout repris, et qui n’a pas d’autre choix que de faire avec. Le « faire avec » a ici un petit quelque chose d’interdit, le goût d’une Guinness, l’odeur iodée du bord de mer, le toucher d’un chien mouillé qui vient de se rouler dans le sable, la saveur de l’Irlande pour laquelle elle fait le choix -fou!- d’abandonner sa vie qui n’en est plus une. Sa vie qui a d’ailleurs plus un goût de mort que de vie. Ce livre, c’est l’histoire d’un sauvetage d’une femme par ses petits plaisirs. Des petits plaisirs qui rendent supportable la douleur de la perte. Une histoire de deuil. Oui. Bien sûr. Mais pas que. Beaucoup plus qu’une histoire de deuil.

C’est un livre que je referme avec l’étrange sensation d’y avoir lu mon histoire. Une belle histoire.

Après 6 ans d’exercice en qualité de psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance, Agnès Martin-Lugand, l’auteur, se consacre aujourd’hui à la littérature. Elle analyse et dissèque avec finesse, humour et tendresse les mécanismes de l’âme humaine pour nous livrer des récits qui nous parlent et qui nous vont droit au coeur.
« Lire et boire du café, ce sont deux choses qui me rendent heureuse », sourit Agnès Martin-Lugand, en référence au titre de son premier roman. Auto-édité sur le web fin 2012, Les Gens heureux lisent et boivent du café s’est d’abord vendu en téléchargement payant à 10 000 exemplaires sur la plateforme e-books d’Amazon. Flairant le futur best-seller, l’éditeur Michel Lafon vient d’en imprimer 20 000 exemplaires tandis que les droits de l’ouvrage ont déjà été achetés dans 18 pays.

Les Gens heureux lisent et boivent du café s’offrira le luxe de prendre, un temps, la tête des meilleures ventes de livres d’Amazon devant 50 nuances de Grey. Lequel, avant d’être édité sur papier, fut lui aussi un phénomène de l’auto-édition en ligne.

Ma Pile à lire

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B

  • Ce qui nous lie de Samantha BAILLY
  •  Grands boulevards de Tonie BEHAR
  •  Un roman français de Frédéric BEIGBEDER
  •  Un avion sans elle de Michel BUSSI
  • Vivement l’amour de Charlie BREGMAN

C

  •  Les Petits de Frédérique CLEMENCON
  •  Hunger Games de Suzanne COLLINS

D

  •  La première chose qu’on regarde de Grégoire DELACOURT
  • L’écrivain de la famille de Grégoire DELACOURT

F

  •  Tu verras de Nicolas FARGUES
  •   Quand nous serons heureux de Carole FIVES
  • Je vais mieux de David FOENKINOS
  •  En cas de Bonheur de David FOENKINOS
  •  L’homme qui voulait rester dans son coin de Manou FUENTES

G

  •  Le bruit des silences de Valérie GANS
  •  Le confident d’Hélène GREMILLON

H

  • Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark HADDON
  •  Le meilleur des mondes d’Aldous HUXLEY

J

  •  Nos vies désaccordées de Gaëlle JOSSE

K

  •  Confessions d’une accro du shopping de Sophie KINSELLA
  •  Lexi Smart a la mémoire qui flanche de Sophie KINSELLA

L

  • Demain j’arrête ! de Gilles LEGARDINIER

M

  •  La mécanique du cœur de Mathias MALZIEU
  • Comic Strip de Arnaud MODAT
  •  La fée Amphète d’Arnaud MODAT
  •  1Q84 de Haruki MURAKAMI
  •  La fille de papier de Guillaume MUSSO

O

  •  L’autre Nous de Jane OZ

P

  •  On n’est jamais préparé à ça de Gaëlle PINGAULT

R

  • Heureux les heureux de Yasmina REZA
  •  Spirales de Tatiana de ROSNAY

S

  • Ma mère est une fiction de Chris SIMON
  •  Le parfum de Patrick SUSKIND

T

  •  La Belle de Mathieu TERENCE
  •  La conjuration des imbéciles de John Kennedy TOOLE

Y

  •  Et Nietzsche a pleuré d’Irvin YALOM

Z

  •  Lettre d’une inconnue de Stéphane ZVEIG
  •  …

 

Quand on aime…
Autant dire que l’été n’y suffira pas !